20 septembre 2017

La rentrée littéraire, ce n’est pas que pour les parents ! # 1

rentrée littéraire jeunesse

En cette période de rentrée littéraire, le rayon ados aussi s’enflamme et sème ses coups de cœur. Cette semaine, c’est Noëmie qui s’y colle et qui vous livre ses romans fétiches, à lire de tout urgence !

 

Mon père dit souvent que juste avant de venir au monde, chacun d’entre nous tourne une gigantesque et invisible roue de la Fortune.

S’il a raison, j’ai fait banqueroute.

Par exemple : je suppose que vous avez déjà rêvé d’être quelqu’un d’autre. Un copain de classe, un champion de foot, une star internationale, n’importe qui. Eh bien, même si je suis catégoriquement « n’importe qui », j’ai la certitude absolue que personne sur cette Terre n’a jamais voulu être moi – ne serait-ce qu’un millionième de seconde.

Vania, 15 ans, est persuadé que sa vie n’est qu’un défilé permanent de crasses et vilénies diverses et variés. De son nom de famille, option pâtisserie allemande, Strudel, en passant par la profession de son père, taxidermiste, rien n’est banal dans son quotidien et elle se sent en permanence décalée, à côté de la plaque. Pessimiste, avec une nette tendance au sarcasme, elle est persuadée que sa vie est horrible et que seul l’âge adulte lui apportera son salut. L’arrivée d’un mail anonyme va brutalement tout bousculé dans son quotidien. L’auteur lui reproche sa passivité, sa transparence et l’invite à devenir une fourmi rouge parmi les fourmis noires, en acceptant sa différence, en cultivant son originalité, en vivant tout simplement. Vania relèvera-t-elle le défi et deviendra-t-elle une piquante fourmi rouge qui sort de lot?

Emilie Chazerand signe là un premier roman jubilatoire. Drôle, décapant, émouvant, son roman donne vie à une héroïne aussi agaçante qu’attachante. En plus de son humour corrosif, la jeune Vania entraine dans son sillage une foule de personnages tout aussi passionnants, avec une mention spéciale pour son papa, drôle, excentrique et furieusement optimiste. Elle réussit à aborder des sujets sensibles, comme le deuil ou le harcèlement avec finesse et délicatesse.

Bref, un vrai coup de cœur, qu’on referme à regret, en croisant fort, fort les doigts pour que, peut-être, une suite voie le jour ?!

 

- Les études montrent qu'en général les optimistes vivent dix ans de moins que les pessimistes.
- J'ai du mal à le croire.
- Evidemment : vous êtes un optimiste. Vous vivez dans l'idée fausse que tout ira comme vous voulez. Vous ne voyez le danger que quand il est trop tard. Les pessimistes sont plus réalistes. Ils prennent plus de précautions.
- Ça paraît triste comme principe directeur dans la vie.
- C'est sûr, comme principe directeur.

Suite à la mort de sa petite sœur, Pétula, 16 ans, se retrouve obligé de fréquenter un atelier d’art-thérapie. Solitaire et obsédée par la prudence, elle a développé de nombreux TOC et phobies, persuadée que ces manies lui permettront d’échapper à la moindre catastrophe. Là-bas, elle côtoie un groupe hétéroclite et peu solidaire : Koula et ses addictions, Alonzo, mis à la porte par ses parents ou Yvan et ses crises comportementales.

L’arrivée de Jacob au sein du groupe, nouvel et mystérieux élève, va totalement bouleverser son quotidien. Si celui-ci ne s’étend pas sur son passé, il pose un regard bienveillant sur cette troupe d’adolescents malmenés par la vie, et plus particulièrement sur Pétula. Mais la jeune fille saura-t-elle prendre le risque de s’ouvrir à nouveau aux autres ?

Comme toujours chez Susin Nielsen l’humour se mêle à l’émotion, et elle nous livre là un texte bouleversant et inoubliable ! Une réussite, comme toujours !

 

Hanna court. Depuis ses 12 ans, elle avale les kilomètres, quatre fois par semaine, mois après mois, année après année. Elle court pour s’évader, pour oublier, pour échapper à cette histoire qui lui colle à la peau. Elle court pour se sentir plus forte, pour se construire un avenir, pour exister malgré son histoire familiale. Lors d’une longue course, elle raconte pèle mêle, l’enfance, Olga, sa mère, qui se prostitue, l’incompréhension, la honte, la peur, le regard des autres, et finalement, la parole de sa mère qui un jour se libère pour lui raconter sa propre histoire. Elle parle pour ne plus avoir honte, pour dire l’horrible réalité de ces femmes, de ces hommes qui vendent leur corps pour quelques euros. Cette société qui accepte cet avilissement, qui ferme les yeux, qui détourne le regard.

Jo Witek signe là un roman court et percutant. Le portrait tout en pudeur d’une jeune fille déterminée, forte et libre, qui veut encore croire à l’amour, à l’avenir, mais qui surtout ne veut plus baisser la tête. Un texte bouleversant, à lire d’une traite.

Posté par MargueriteGarden à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


Commentaires sur La rentrée littéraire, ce n’est pas que pour les parents ! # 1

Nouveau commentaire